четверг, 8 января 2015 г.

0,1 % POUR LA PLANÈTE : 5. ÉTHIQUES


5. Ébauches d'une éthique planétaire


Mes principes fondamentaux vis-à-vis de moi-même

0. Grain de poussière pensante minuscule, conscient d’exister un ridicule instant sur une planète minable perdue dans un univers immense et de pouvoir utiliser cet instant infime pour embrasser de mon regard myope cet univers infini [46,6 milliards d’années-lumière: à multiplier par 10 000 milliards pour obtenir les kilomètres!], de me l’approprier au moyen d’une pensée affutée mais vascillante et de contribuer peut-être par là à ajouter un postillon de spiritualité à notre univers chaotique,

1. Je me réjouis des privilèges rarissime que j’ai:
         • de vivre sur la Terre en compagnie de sept milliards d’autres poussières humaines comme moi : aucun autre conglomérat d’êtres pensants et aucune autre terre habitée par des êtres pensants n’ont encore été détectés dans l’univers ;
         • de pouvoir percevoir, connaître et admirer, avec les humains, grâce à eux et pour eux, cet univers mystérieux et glacial parsemé de milliards d’incandescences aveuglantes et brûlantes et de béances invisibles et voraces; cette Terre splendide de mers et océans, de plaines et de montagnes, de forets, de déserts et de banquises ; et cette humanité aimante, généreuse, intelligente, créatrice, de cultivateurs, travailleurs, ouvriers, ingénieurs, commerçants, artisans, artistes, musiciens, chercheurs, médecins, penseurs et autre acteurs indispensables de l’aventure humaine ; 
         • de m’interroger sur les insolubles questions « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? »


2. Mais je suis également horrifié par les contraintes de la condition humaine, la brièveté de la vie, l’imperfection de cette humanité, dont je suis membre et qui n’a pas encore appris à distinguer le bien du mal :
         • qui n'a pas appris à se départager la Terre et les biens qu’elle nous dispense et à cesser de s’entr’exterminer pour se les approprier ou, pire, pour s’approprier une domination criminelle sur ceux qui ne pensent pas comme nous ou qui nous gênent — d’où les guerres fratricides, les massacres, les crimes et exactions horribles dont le chapelet interminable constitue 99 % de l’histoire humaine et n’est pas près de s’interrompre ;
         • qui n'a pas appris à protéger la Terre des effets désastreux de nos incuries, vandalismes et autres actes déraisonnables — d’où le réchauffement climatique, la pollution des airs, des eaux et des terres ; la destruction de la diversité biologique ; les déclenchements accidentels de catastrophes environnementales ; les épidémies d’infеctions inopinées sorties des laboratoires bactériologiques ;
         • qui n'a pas appris à surmonter sa bêtise, ses ignorances, ses préjugés, ses superstitions, ses égoïsmes, ses intolérences, ses haines et ses démences ;

et qui, bon gré mal gré, conduit l’humanité (le seul paradis de vie et pensée consciente, de culture et d’art, de bonté, générosité et amour que nous connaissions — en dépit des tares et carences qui le transforment en enfer) à sa dégradation et à sa disparition totales et irrémédiables, subites ou graduelles, mais imminentes — d’ici quelques décennies tout au plus.

3. Coincé comme je le suis entre mes privilèges et mes contraintes et obligé de choisir entre mes allégeances morales et matérielles envers moi-même, ma famille, mon éthnie, ma région, ma religion, mon pays, leurs lois et coutumes, ma culture, mes convictions, l’avenir de l’ensemble de l’humanité ; obligé de prendre position sur les problèmes auxquels chacune de ces entités doit faire face et sur la façon dont elle leur fait réellement face ; faute d’avoir trouvé de religion, de philosophie, de doctrine toute faite qui « marche », dont je puisse affirmer qu’elle répond à toutes mes interrogations et est susceptible de convaincre et pacifier tout le monde, et faute de vouloir adhérer aveuglément à une des centaines de doctrines existantes qu’on me recommande, mais dans lesquelles je ne me reconnais pas, je suis placé devant la nécessité :

Parties visible et cachée de la conscience humaine

         a) de décider a priori, en me basant sur mon expérience antérieure, mes opinions et savoirs actuels et, bien entendu, sur les inclinations, penchants, capacités, talents et/ou vocations que je possède et dont j’ai conscience :
         • quelles règles morales de comportement je me sens obligé de m’imposer à moi-même en toutes circonstances pour être en paix avec ma conscience et mériter le respect des gens que je respecte et admire ; et
         •   quelles règles morales de comportement j’aimerais que s’imposent à eux-mêmes tous mes compatriotes terriens, les enfants de la Terre et du Soleil, pour que je vive en paix avec eux, sans les craindre, sans les haïr, en les respectant, en les aimant et en œuvrant de concert avec eux pour sauver notre belle planète du terrible sort auquel, dans notre inconscience, notre égoïsme, notre ignorance, nous sommes sur le point de la condamner ; pour apprendre à transformer les brefs instants de nos vies en ce lieu fantastique en instants de création, d’amour, d’émerveillement, de bonheur et d’extase et à quitter ce bercail, ce berceau sans lancer d’imprécations à ceux qui les auraient transformés en d’interminables et insupportables tortures...
(inachevé)



Ma conscience planétaire
(d'après EM LaM II, p. 2378-2379, 2382)

NB. Ceci n'est qu'un exemple avant tout stylistique. La substance est en grande partie pure conjecture.

1. J’ai conscience de l’identité humaine commune que je partage avec tous les humains de la planète malgré et à travers toutes les diversités d’individualité, de culture, de langue, de race etc.

2. J’ai conscience de la communauté de destin/d’origine/de perdition de la Terre qui ne nie pas les solidarités autres que planétaires et ne tend nullement à me déraciner hors de ma culture mais lie, y compris dans ma vie quotidienne, mon destin humain à celui de la planète et des autres humains et organismes vivants qui l'habitent.



3. J'ai conscience que notre condition terrienne dépend de notre relation écologique vitale avec la biosphère. La Terre est une totalité complexe physique-biologique-anthropologique : la Vie est une émergence de l’histoire de la Terre et l’homme une émergence de l’histoire de la vie. L'être humain, à la fois naturel et culturel-pensant-conscient, doit se ressourcer dans la nature vivante et physique. Et, partant, la cultiver, la ressourcer et la protéger.

4. J’ai conscience que les relations entre humains se fondent sur la solidarité et la compréhension et sont ravagées par les incompréhensions. Je dois donc m’éduquer à la solidarité et à la compréhension non seulement avec mes proches et voisins, mais aussi avec les étrangers et lointains de notre planète. Et veiller à notre développement psychique, moral et spirituel à tous.

5. J'ai conscience que la Terre pourrait être la seule planète habitée du monde et, partant, sa seule source de vie et d'esprit. Sachant que l'humanité, pas plus que le Système solaire, n'est éternelle, j'ai conscience qu'elle devra un jour, si elle survit, migrer, ou disparaître, à moins qu'elle ne découvre un moyen inédit de transmettre le flambeau de la conscience à un autre univers. D'autant plus tragique pour le monde serait sa destruction anticipée par des conflits intestins.

6. J'ai conscience que la planète exige d'être gouvernée de façon pondérée et réfléchie, d'une part, à partir de deux pôles interactifs : la base démocratique, source d'initiatives et d'idées, et la cîme aristocratique, composée de séniors émérites, source de sagesse et d'expérience ; et d'autre part, en coordination symbiotique avec la faculté éco-organisatrice de la nature.

7. J’ai conscience de mon civisme planétaire, c’est-à-dire de la priorité de ma qualité de citoyen de la Terre par rapport à mes autres allégeances, j'ai conscience de ma responsabilité et de ma solidarité vis-à-vis de tous les autres enfants de la Terre ; ce qui ne m'interdit pas d'être soldaire de ma région, de mon pays, de mon éthnie...

8. J’ai conscience de devoir transmettre l’éthique de la responsabilité et de la solidarité aux générations futures via mes descendants et ceux des autres humains. J’ai donc besoin d’une conscience visant haut et loin dans l’espace et le temps.

9. J'ai conscience de la nécessité, pour que l'humanité puisse s'accomplir et se civiliser, de surmonter l'immaturité des États-nations, des esprits et des consciences pollués par la barbarie et la démence générique. J'ai donc besoin d'une conscience purifiée et hypersensible aux risques de dérives nationales, éthniques, religieuses...


 Mes libertés et mes contraintes
de citoyen du monde

1. Je suis héritier d’un patrimoine biologique et génétique, mais aussi physique, voire cosmique, reçu de mes parents et aïeux, mais remontant aux origines de l’espèce humaine, aux origines du monde animal, aux origines de la vie terrestre, aux origines de la Terre, du Système solaire, de notre Galaxie et de notre Univers. Il fait partie de mon être et je n'en veux pas changer même si je le pouvais.

2. Il n’a pas dépendu de moi de choisir ma planète, les lieu et temps de mon émergence au monde, et je n’y puis rien changer, mais il dépend de moi ou de les assumer, ou de les subir, voire de les ignorer.

3. Je suis héritier d’un patrimoine écologique, géographique, climatique, atmosphérique, océanique, géologique, d'un patrimoine zoologique, végétal, bactériel et viral, d'un patrimoine local, régional, zonal, continental et planétaire, d'un patrimoine agricole ou industriel, rural ou urbain, qui me sert de milieu naturel et me permet de vivre, mais que je partage avec d'autres Terriens.

4. Il n’a pas dépendu de moi de choisir mon patrimoine géographique et écologique, mais il dépend partiellement de moi de m'en féliciter ou de m'en plaindre, d’en changer en migrant ou de l'améliorer pour y résider, de le sauvegarder s'il m'enchante — là où je suis et là où je vais. Mais honte à moi si je le dégrade volontairement, voire involontairement, par ignorance ou indifférence.

5. Je dispose d’un corps vulnérable et mortel, doué de capacités physiques, mais aussi de besoins vitaux et de désirs — voire de tares congénitales, réparables ou non —, d'un corps susceptible de souffrir, qu’il m’est loisible de soigner, entraîner, développer au prix d’un travail opiniâtre, ou de laisser se dégrader naturellement.

6. Il n’a pas dépendu de moi de choisir mon patrimoine physiologique, biologique et génétique et je n’y puis presque rien changer, l’usage que j’en fais dépend pour beaucoup des conditionnements dont j'ai hérité ou que j'ai subis alors que mon esprit ne s’était pas encore consolidé, il dépend aussi des circonstances et aléas favorables et défavorables de mon existence. Cependant, j'ai partiellement le pouvoir d'en développer des aspects positifs et d'en neutraliser des aspects négatifs. Mais honte à moi, si je le fais au prix de la souffrance d'autrui.

7. Je dispose d’un cerveau/esprit lucide et faillible, doué de capacités mentales illimitées mais négligées, d’une conscience affective et morale, d’une conscience cognitive et rationnelle, d’une intuition et d'une intelligence, toutes susceptibles de faillir et de souffrir, et je dispose de dons et talents artistiques qu’il m’est loisible, au prix d’un travail opiniâtre, de soigner, entraîner, développer, ou de laisser se dégrader naturellement. Mais honte à moi si je les utilise au détriment de mes semblables.

8. Je suis héritier d’un patrimoine linguistique, d’une culture, d’une religion, de convictions, de stéréotypes de comportement, de savoirs et d’acquis qu’on m’a inculqués dans mon enfance et ma jeunesse sans que les aies choisis, sans parfois que je m'en rende compte, dont je suis mauvais juge et qui me servent de principaux moyens de communication et d’action dans mon milieu naturel et social. Libre à moi, lorsque c'est possible, si j'en ai conscience et si j'en suis capable, d'en accepter, d'en remettre en question ou d'en rejeter des éléments selon qu'ils me paraissent vrais ou faux, bons ou mauvais. Mais malheur à moi si je les rejette ou les accepte en bloc, ou si je cherche délibérément à combattre les bons et les vrais et à promouvoir les mauvais et les faux.

9. Il n’a pas dépendu de moi de choisir mon patrimoine linguistique, mais il a dépendu en partie de moi de l’étendre à plusieurs langues et de l’enrichir — facilement dès l’enfance et plus difficilement à l’âge adulte. Il n’a pas dépendu de moi de choisir mon patrimoine culturel initial, mais à partir de la naissance en moi d’un esprit critique et jusqu’à l’extinction en moi du feu sacré, je puis en changer ou l’enrichir — grâce à l’éducation et à l’autodidaxie, grâce également à une intériorisation des entités culturelles anciennes et/ou nouvelles qui me manquent encore et au moyen d’une introspection permanente impitoyable de mes normes, paradigmes, jugements et stéréotypes culturels, religieux, politiques, philosophiques, cognitifs, comportementaux assimilés antérieurement de façon acritique

10. Je suis héritier d'une condition (et partant d'un conditionnement) materielle, sociale et politique en tant que membre de nombreux groupes sociaux, depuis ma famille, mon clan et ma tribu, en passant par ma caste, ma classe et jusqu'à mon ethnie et ma nation ; je suis héritier aussi d'une religion, membre d'une congrégation, autres conditions acquises, sauf accident, du fait de ma naissance ; adolescent, je reçois une éducation, adulte, j'hérite d'une profession, je deviens membre d'un corps de métier, etc. et j'hérite en même temps de traditions, de croyances et de savoirs qui s'y rattachent... (Il n'est plus possible à partir d'ici de suivre ou d'embrasser du regard toutes les voies que le JE collectif ici figuré est susceptible d'emprunter et qui feront de lui un paria ou un multimilliardaire, un rebelle ou un prix Nobel. Parce que cet héritage-là relève déjà à 99 % de la complexité et du chaos de la condition humaine...) Quoi qu'il en soit...

11. Il n’a pas dépendu de moi de choisir, en naissant, les conditions initiales (matérielles, sociales, politiques ; la classe, caste, congrégation, corporation, nation, famille, le clan etc.) dont je suis héritier du seul fait de ma naissance. Mais malheur à moi si je n'ai pas la liberté d'accepter ou de rejeter partiellement ou totalement cet héritage, d'en assumer ou d'en subir délibérément les contraintes et les conséquences.

12. Malgré les contraintes découlant du fait même de ma qualité d'être humain, je suis né libre d'être libre ou de ne l'être pas. Libre de mes opinions, de mes actes et de mes choix, lorsqu'ils visent à promouvoir les mêmes libertés pour autrui. Mais contraint à les condamner, lorsqu'ils visent à lui imposer la contrainte.

Photos empruntées au diaporama anonyme « Bleue Beauté »



Pieter Bruegel l'Aîné. La Tour de Babel (1563)


Mes devoirs vis-à-vis de mes semblables
(mon dodécalogue)

1. Je ne tuerai pas, n’exécuterai pas, ne mettrai pas à mort ; je ne ferai ni ne laisserai mourir de faim, de soif, de maladie, dе blessures et mauvais traitements.

2. Je ne torturerai pas ; je n’infligerai ni blessures, ni mauvais traitement cruel, inhumain ou dégradant.

3. Je ne violerai pas. Je n’abuserai en aucune façon du corps d'autrui.

4. Je ne réduirai pas à l’esclavage et à la servitude, ni n’exploiterai sans juste compensation le travail d’autrui.

5. Je ne m’approprierai sous aucune forme et en aucune façon les biens appartenant de droit à autrui, individu ou collectif.

6. Je ne calomnierai pas ; je n’injurierai pas ;  je ne porterai atteinte à l’honneur, l’intégrité et la dignité de personne ; je m’abstiendrai de dénigrer sans preuve ou de dénoncer et condamner sans certitude ; je me tairai s’il le faut pour ne pas blesser ni trahir.

7. Je ne mentirai pas, je ne tromperai pas ; je confesserai et réparerai mes propres torts, erreurs et manquements.

8. Je défendrai, soutiendrai, conforterai, rassurerai, secourrai, assisterai, soignerai, consolerai, aiderai de mon mieux :
         • les victimes de malheurs et adversités, de crimes, mauvais traitements, blessures, lésions ou maladies corporelles, les handicappés physiques et mentaux, les invalides,
         • les victimes de blessures morales et d’atteintes à leur dignité et à leur honneur de femmes, d’hommes, d’enfants, d’êtres humains, indépendamment des motifs et en premier lieu si les motifs sont idéologiques, racistes, xénonophobes, religiophobes, sexistes et prônent l’exclusion,
         • les victimes de calomnies et de persécutions injustes.

9. J’accueillerai sous mon toit quiconque me demandera asile.

10. Je respecterai les lois et les règles en vigueur là où je réside et où je suis actif, mais combattrai par tous les moyens légaux disponibles  et refuserai d’obéir à celles d’entre elles et à tous ordres qui m’obligeraient à enfreindre les principes que je me suis imposés.

11. Je condamnerai toute doctrine prônant des principes incompatibles avec ceux que j’énonce ici.

12. Aucune loi humaine ou divine, sauf la légitime défense de moi-même et de tiers agressés, ne m’obligera à enfreindre les cinq premières principes et approuver le recours à la force et à la violence dans les rapports entre humains.


Hiroshima, 6 août 1945

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