0,1 % POUR LA PLANÈTE : 2. LEVÉE DE FONDS
(ébauche de texte introductif)
Il s'agit là de bien peu de choses. De débourser 0,1 % pour mettre en
chantier un Centre de la Conscience planétaire. Un centre qui tenterait
d'arrêter la dégringolade de l'humanité vers son anéantissement imminent (les
prochaines décennies). Avec disparition concomitante de toute civilisation, de
toute culture, de toute pensée, de toute émotion, de toute beauté, de toute
poésie, de toute vie. Au mieux, dans le Système solaire. Au pire, dans
l'Univers entier. Nous en sommes le seul et combien imparfait exemple connu de
nous. Bon débarras ! diront certains sans choisir pour autant d'anticiper
sur ce suicide collectif. Et si nous y étions les uniques dépositaires de tout
esprit, de toute conscience, de tout amour ? demanderont certains autres.
L'Univers redeviendrait-il matière inerte ? immense espace glacial sans
âme peuplé de brûlots incandescents ? Qui sait. Mais même si ce suicide ne
serait l'extinction que de notre seul îlot de conscience et d'esprit sur des
millions d'autres îlots habités, même alors ne regretterions-nous pas la
disparition de ce monde à nous, avec tout ce qu'il a déjà créé de merveilleux
et tout ce qu'il peut encore produire ? Le monde de l'étoile Soleil, des
infatigables phases de la Lune, de la planète Terre, où devraient régner
sagesse, paix, amour, générosité, convivialité, joie de vivre, mais où, depuis
que les humains existent, la folie, la guerre, la haine, l'appât du lucre, la
désolation et la mort mènent encore le bal. Un millième de votre modeste revenu
pour amorcer un tel virage est, convenez-en, un prix bien dérisoire. Quand on
pense aux milliards dépensés pour l'extermination réciproque...
Fini 2014 ! On a
commémoré le centenaire du début de la boucherie de 14-18 (9 millions de soldats morts !), les
75 ans du début du massacre dix fois plus « efficace » de 39-45 (62
millions de civils tués)[1]. Mais 2014 nous a
aussi rappellé des épisodes qui ont marqué 1938, l'année de ma naissance[2]. Je ne suis ni
millénariste, ni centenariste, mais ça m'a donné des frissons... Bref, la
Troisième Mondiale n’a pas éclaté en 2014... Il se peut toutefois qu'elle ne fasse que commencer en
sourdine comme la précédente, les Russes d'Ukraine orientale jouant le même
rôle de prétexte que jadis les Allemands des Sudètes. L’économiste Illarionov,
un adversaire du régime russe actuel, vient d'affirmer devant le Parlement
Européen que pour les propagandistes du Kremlin le conflit en Ukraine, qui,
lui, a bien commencé en 2014, serait la Quatrième mondiale. Pour
eux, la Troisième, c’était la Froide de 47-87...[3] Nous voilà « rassurés » : On
serait déjà en plein dans la Quatrième !
Edgar Morin nous avait
prévenus : « Nous nous enfonçons dans un âge de fer planétaire.
Les barbares, ennemis de l’humanité, sont aujourd’hui en activité éruptive;
quand ils sont eux-mêmes en opposition, leur antagonisme contribue à accroître
un manichéisme aveugle et haineux... L’issue catastrophique du cours des choses
actuel est ainsi hautement probable »[4].
Troisième ou Quatrième, elle
frappe à notre porte. En 2015 ou en 2025, elle sera là. Resterons-nous les bras
croisés ? Jouerons-nous à la roulette russe ? Nous jetterons-nous à corps
perdu dans la mêlée ? Verserons-nous du gasoil sur le feu ? Nous
shooterons-nous, nous bourrerons-nous la gueule, ou les deux, histoire de penser
à autre chose... ? Libre à chacun de choisir...
Même s'il n'y avait que cela,
ce serait déjà beaucoup trop. Or, il y a plus.
Le réchauffement climatique
avec ses inondations des vallées et des côtes. La disparition de la diversité
biologique, l’extinction de milliers d’espèces animales et végétales. La
déforestation. La désertification. (Où est donc passée la mer d’Aral ? À
quand le tour de la Caspienne, du Léman, du Baïkal et des Grands Lacs des
USA ?) La pollution des cours d’eau, des lacs et des océans, plus farcis
aujourd'hui de plastique que de planctons... Et l’air nanotoxique de nos
villes. Et la pitance pesticide dans les assiettes de nos enfants. Et caetera,
et caetera...[5]
La place me manque pour parler
de deux autres fléaux : 1) l’opulentisation éhontée des plus riches et la
paupérisation généralisée des plus pauvres, et 2) le gaspillage éhonté et la
dilapidation généralisée des richesses et des ressources d’ores et déjà
« empruntées » à la nature alors que tant d'humains manquent de tout.
Sans parler de l’incurie, l’ignorance, l’inculture, du vandalisme qui
détruisent à qui mieux mieux le patrimoine matériel, cognitif, culturel,
artistique de nos ascendants, un patrimoine dont n'hériteront pas nos
descendants...[6] Beau résultat pour
la civilisation la plus évoluée que nous connaissions dans l'Univers !
Pourtant il y a longtemps
qu'on nous avait prévenu : « La dégradation de la biosphère se
poursuit, dénoncée depuis 1970 par le Club de Rome, alors qu'une conscience
écologique met beaucoup de temps à se répandre. Le réchauffement climatique
s'accompagne de la mise en péril de la vie océanique, la diminution de la
biodiversité animale, l'accroissement des pollutions urbaines et celle de
l'agriculture industrielle qui multiplie les pesticides, appauvrit les sols et
souille les nappes phréatiques... »[7]
Alors que faire ? Nous en
moquer à la Louis XV (« Après moi le déluge ») ? Nous goinfrer de caviar, de
saumon et de foie gras, même pollués, tant qu’il y en a ? Piller les
garde-manger et les garde-robes de nos voisins mieux nantis ? Migrer vers
des lieux plus hospitaliers, en en chassant les autochtones ? « Je
pose toutes ces questions auxquelles personne ne répond »[8]
Mais bon, admettons qu’on en
réchappe. Que le Père Noël nous fasse cadeau d’encore dix-vingt-trente années
de paix mondiale, trente-quarante années de répis écologique. (Au prix, quand
même, de quelques escarmouches locales en Afrique, Asie et Océanie, de quelques
tchernobyles et foukoushimas avec leur petites dizaines de milliers de victimes
directes/collatérales. — Car ça n’arrive qu’aux autres, n’est-ce
pas ?... Tchernobyl, ce n'est pas en Île de France...)
Qu'est-ce que cela
changera ? Ça nous donnera peut-être un peu de temps pour nous y
reconnaître et nous y préparer. Car la déflagration est inévitable... Et plus
elle tarde, plus elle sera violente...
Alors ? Prolonger la
pause ? S'abîmer dans l'abîme ?
Quant à moi, je choisis la fin
de la pause. Le réveil. Il nous faut nous préparer...
Nous préparer, à quoi au
juste ? — À ÉVITER L’INÉVITABLE. — Comment cela ? — EN CHANGEANT LA
DONNE ET EN INSTAURANT UNE CONSCIENCE PLANÉTAIRE. — Avec quelle
chance de succès ? — À VOUS DE JUGER — ET DE PARTICIPER.
Ce projet de financement
participatif s’appelle
0,1 % POUR LA PLANÈTE
et vise à lever les fonds nécessaires pour
mettre en chantier tous ensemble un autre projet plus ambitieux, celui d’un Centre mondial
de réflexion et d'action pour l'instauration d'une conscience planétaire. La conscience planétaire consiste
à se poser les trois questions existentielles de Gauguin.
« D'où venons-nous ? Que
sommes-nous ? OÙ ALLONS-NOUS ? », toile de Paul Gauguin (1897-1898)
Musée des Beaux-Arts de
Boston (Etats-Unis)
Edgar Morin a répondu grosso modo, dans sa Méthode, aux deux premières questions.
Reste la plus difficile, la seule qui dépende encore de nous et dont dépend
notre avenir et celui de tous les humains. C'est maintenant ou jamais...
Une première ébauche de cet autre projet figure dans les Annexes
affichées ici.
Le lecteur y trouvera également nos avant-projets de statuts et de quelques documents de
travail, ainsi que des extraits des ouvrages dont nous nous sommes inspirés.
Certes, nos débuts seront forcément modestes.
Mais il est grand temps de faire le premier pas. Plus tard sera trop tard.
Nous demandons donc à ceux qui se considèrent
avant tout comme de vrais citoyens de notre planète et aimeraient encourager notre
initiative, non seulement d’y investir leur obole, mais encore et surtout, s’il
le souhaitent et le peuvent, de s’investir personnellement dans la préparation
du grand projet de Centre, voire dans sa mise en œuvre.
Nous leur proposons en conséquence :
•
de nous consacrer une somme modique correspondant grosso modo à 0,1 % de
leur revenu/bénéfice annuel (soit, en arrondissant, 18 euros pour qui n'a que
le SMIC, 1800 pour un revenu équivalant à 100 SMICs). Le nombre de
contributeurs et leur égalité en droits nous importent plus, à ce stade, que le
montant total
et,
en contrepartie (la même pour tous), nous les invitons
•
à devenir membres-cofondateurs actifs
du Centre, ayant voix au chapitre lors de la rédaction et de l'adoption
définitive du grand Projet.
Quant
à ceux qui ne tiendraient pas à participer aux débats, ils seraient admis comme
membres-cofondateurs passifs avec, bien entendu, la possibilité de devenir membres actifs dès qu'ils
le voudront.
Il va de soi que ces 0,1 % (montant projeté de
la cotisation annuelle de chaque membre) ne sont qu’un ordre de grandeur et que
— un de nos principes de base étant la confiance (cf. Valeurs intangibles) —, personne ne
leur demandera d'en justifier le montant. Naturellement, personne non plus ne
leur interdira, s’ils le désirent, de verser plus.
Nous fixons le montant à atteindre à 9999
euros, pas un de moins, et le délai à 66 jours. Cela nous permettrait,
espérons-nous, d'obtenir la collaboration d'un nombre suffisant de membres et
de réunir la somme indispensable pour un démarrage sans problème de nos
activités.
Cet argent servira, entre le dépôt des statuts
provisoires de l'association à la préfecture et la première Assemblée générale,
à doter le Centre d'un bureau équipé du matériel minimal indispensable, à
rémunérer les services de un ou deux employé(e)s à temps partiel: un(e)
webmestre et/ou un(e) secrétaire, et à financer l'AG. Le solde, s'il est
positif, servirait à acquérir les ouvrages les plus nécessaires à l'activité du
Centre. Et c'est l'Assemblée générale qui adoptera les statuts définitifs et
décidera du déroulement de ses activités ultérieures.
En cas d'échec, chacun récupérera sa
contribution.
(Le lecteur perspicace aura compris que nous
lançons en même temps un nouveau type de crowdfunding, le financement
participatif « toute proportion gardée », combinant les principes du don et de la dîme
— en l'occurence, de la « millîme » — qui permettra à tout un chacun,
du plus riche au plus démuni, de peser d'un même poids dans la balance des
contributeurs.)
Pour
contribuer, munissez-vous de votre Avis d'impôt 2014, trouvez-y la rubrique
«Revenu imposable», notez le chiffre trouvé, ajoutez-у éventuellement vos revenus exonérés en France en
provenance d'organismes internationaux, missions diplomatiques ou consulaires,
divisez le total par 1000 et arrondissez le résultat à 1 euro près.
Puis faites
un chéque à... un virement à...
[à concerter avec l'opérateur du crowdfunding]
Dessins au crayon de N. S.
Mouravieff (1904-1965)
NOTE POUR QUI N'A PAS LU LE SOUS-TITRE et l'AVERTISSEMENT :
Ceci n'est qu'un projet de projet affiché pour en débattre dans vos commentaires ci-dessous. Le projet de financement sera proposé à un site professionnel quand le débat sera clos.
[1]
Données trouvées dans Wikipedia.
[3]
Andreï Illarionov, « Comment arrêter la
guerre ? » (Intervention au Parlement Européen,
Bruxelles, 19 novembre 2014)
[4]
E. Morin, La Voie, 2012, p. 44. Tout
l'Avant-Propos (p. 23-56) est à lire ou à relire.
[5]
Cf. E. Morin, La Voie, 2012, p. 127-133
[6]
S. Hessel, E. Morin, Le chemin de l'espérance, 2011, p. 13
[7]
E. Morin, P. Viveret, Comment vivre en temps de crise ? 2010, p. 22-23.
[8]
B.Vian (le déViant), « Je bois » (modifié).





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