четверг, 8 января 2015 г.

0,1 % POUR LA PLANÈTE : 4. ANTHOLOGIE


4. Ébauche d'une anthologie des Sources
relatives à la Conscience planétaire


Citations et Renvois

Abréviations

EM = Edgar Morin

ChÉ     [avec St. Hessel] Le Chemin de l'Espérance (2011)
CVTC  [avec P. Viveret] Comment vivre en temps de crise (2010)
EEP    [avec R. Motta et E.-R. Ciurana] Éduquer pour l'ère planétaire. La pensée complexe comme Méthode d'apprentissage dans l'erreur et l'incertitude humaines (2003).
LaM    La Méthode (2008) en 2 vol. (pagination continue) = Préface (2008) + LaM 1 (1977) + LaM 2 (1980) + LaM 3 (1986) [= I] + LaM 4 (1991) + LaM 5 (2001) + LaM 6 (2004) [= II]
LaV     La Voie. Pour l'avenir de l'humanité (2011).
MG     Ma gauche. Si j'étais président (2013)
PCM           Pour ou contre Marx [5 articles] (2010)
TBF    La tête bien faîte (1999)
TP       [avec A.B. Kern] Terre-Patrie (1993)
VA     Vers l'abîme? [cycle d'articles] (2007)

« Ma conviction profonde est que le futur n'est écrit nulle part ; il sera ce que nous ferons de lui »  Amin Maalouf (cité dans EM et al. EEP 2003, ch. III p. 82)

Etat des lieux

La Terre des humains

La Terre est une totalité complexe physique-biologique-anthropologique,  où la Vie est une émergence de l’histoire de la Terre et l’homme une émergence de l’histoire de la vie. (EM LaM, 2008 II p. 2378).

La Terre n'est pas la somme d'éléments disjoints: la planète physique, plus la biosphère, plus l'humanité, mais bien le rapport entre la Terre et l'humanité qui doit se concevoir elle-même comme une entité planétaire et biosphérique. (EM et al. EEP 2003, ch. III p. 84)

Cf. encore EM-Kern, Terre-Patrie, 1993, ch. 2, Carte d'identité...; EM PCM 2010, p. 100-101.

L'ère planétaire (= les Temps modernes des historiens)

L'ère planétaire commence avec la découverte [entre 1492 et 1543] que la Terre n'est qu'une planète et avec la mise en communication des diverses parties de cette planète.   — De la conquête des Amériques à la révolution copernicienne une planète a surgi et un cosmos [celui du géocentrisme antique] s'est effondré. (EM-Kern TP 1993, p. 16)

L'ère planétaire s'ouvre et se développe dans et par la violence, la destruction, l'esclavage, l'exploitation féroce des Amériques et de l'Afrique. (EM-Kern TP 1993, p. 18 ≈ EM et al. EEP 2003, ch. III p. 93)

Les périls et les crises

Les périls de l'ère planétaire. L'âge de fer planétaire.

Nous nous enfonçons dans un âge de fer planétaire. Les barbares, ennemis de l’humanité, sont aujourd’hui en activité éruptive; quand ils sont eux-mêmes en opposition, leur antagonisme contribue à accroître un manichéisme aveugle et haineux. Le capitalisme déchaîné d’aujourd’hui n’est pas la seule menace pour l’humanité: il y a les fanatismes déchaînés, les dictatures implacables, la possibilité de nouveaux totalitarismes, voire de guerres d’anéantissment. — L’issue catastrophique du cours des choses actuel est ainsi hautement probable». (EM La voie 2011, p. 44)

...en 1945, la bombe d'Hiroshima a fait entrer l'Âge de fer planétaire dans une phase damocléenne. (EM-Kern TP 1993, p. 31)

... la production des armes d'extermination massive se répand, se miniaturise, crée un danger de plus en plus lourd, d'autant que nous sommes entrés dans une pré-période de guerre de civilisation [...] où un groupe qui n'est pas localisé terrirorialement [...] rêve de faire exploser une bombe atomique artisanale pour dissoudre les cités de perdition et de mécréants. (EM-Viveret CVTC 2010, p. 22)

La barbarie qui vient du fond des temps, celle de la cruauté, de la haine,  et du mépris, cause de tant d'asservissements, massacres et génocides, menace à nouveau. La barbarie glacée de la technique, la barbarie déchaînée du profit n'ont toujours pas été entravées. (EM MG 2013, p. 22. Cf. EM PCM 2010, p.  92)

Cette nouvelle barbarie technique s'allie à toutes les barbaries anciennes. (EM PCM 2010 p. 93)

Le vaisseau spatial Terre est propulsé à une vitesse vertigineuse par les quatre moteurs incontrôlés science-technique-économie-profit. Cette course nous mène vers des périls croissants : turbulences critiques et crisiques d'une économie capitaliste déchaînée, dégradation de la biosphère qui est notre milieu vital, multplication des armes de destruction massive coïncidant avec les convulsions belliqueuses croissantes, tous ces périls s'entre-développant l'un l'autre. — Il faut concevoir les crises entremêlées et interdépendantes de l'économie, de la civilisation occidentale, des civilisations traditionnelles, qui se conjuguent dans une polycrise planétaire, laquelle est la crise de l'humanité qui n'arrive pas à accéder à l'humanité. [...] Une composante invisible de la polycrise est la crise de la pensée. (EM MG 2013, p. 12-13)

La crise écologique

La dégradation de la biosphère se poursuit, dénoncée depuis 1970 par le Club de Rome, alors qu'une conscience écologique met beaucoup de temps à se répandre. Le réchauffement climatique s'accompagne de la mise en péril de la vie océanique, la diminution de la biodiversité animale, l'accroissement des pollutions urbaines et celle de l'agriculture industrielle qui multiplie les pesticides, appauvrit les sols et souille les nappes phréatiques... (EM-Viveret CVTC 2010, p. 22-23)

Cf. encore EM-Kern TP 1993, p. 76-79

Les autres crises

Cf. EM La voie 2011, p. 28-44 La crise planétaire 28-57 (la crise de l'unification 28, les poly-crises 30 — économique 30, des sociétés traditionnelles 31, démographique, urbaine, des campagnes 32, politique, des religions et des laïcités 33 —, la crise du développement 33-41, de l'humanité 41-42...).

L'agonie

Cf. EM-Kern TP 1993, p. 72-115 (en partic. 108-115)

Bilan de la crise planétaire

Ne vivons-nous pas actuellement une lutte entre des forces de création et des forces de destruction, d'une part, les forces tournées vers une planétarisation de l'humanité et vers l'émergence d'une nouvelle identité de la citoyenneté terrestre, et, de l'autre, celles qui engendrent un processus de balkanisations et de destructions ? (EM EEP 2003, ch. I, p. 44)

L’Histoire arrive à son épuisement... parce que tout est à réinventer pour sauver l’humanité du risque d’anéantissement et parce que les conditions sont  désormais créées pour envisager le dépassement des pouvoirs absolus des États dans une formule confédérative où émergerait une société-monde.   (EM Éth 2004 = LaM II 2008, p. 2396).

Il ne suffit pas d’indiquer le besoin. Il faut qu’il soit possible de répondre à son appel... Mais il faut bien distinguer vraie et fausse impossibilité. La vraie découle de nos limites. La fausse découle du Tabou et de la Résignation. (EM LaM I 2008, p. 1196-1197)

Nous sommes sommés d'entreprendre un gigantesque effort de repensée qui puisse intégrer les innombrables connaissances, dispersées et compartimentées, pour considérer notre situation et notre devenir dans notre univers, sur notre planète, dans la biosphère, dans notre histoire... Tâche énorme mais indispensable, tout est à penser, tout est à repenser, tout est à refonder, tout est à réformer... (EM MG 2013, p. 11, 12).

...nous sommes dans une aventure commune à toute l'humanité et <l'issue> de cette aventure est inconnue (EM PCM 2010, p. 93)

Les tâches

L'humanité est en rodage. Y a-t-il possibilité de refouler la barbarie et vraiment civiliser les humains ? — Pourra-t-on poursuivre l'hominisation en humanisation ? — Sera-t-il possible de sauver l'humanité et l'accomplissant ? — Rien n'est assuré, y compris le pire. (EM LaM II 2008, p. 2208).

Ce trajet [celui qui a abouti à La Méthode] implique aussi le dessein de comprendre la condition humaine, facteur décisif en ce qui concerne les conditions de possibilités nécessaires pour sortir de la barbarie planétaire. (EM et al. EEP 2003, ch. I p. 37 n. 10).

...il y a la mission nouvelle, grandiose et terrifiante : endosser la multidimensionnalité des réalités anthropo-sociales et assurer le destin historique de l'humanité. (EM PCM 2010, p. 90)

...chercher la voie susceptible de sauver l'humanité des désastres qui la menacent (EM La Voie 2011 p. 15)

Aujourd'hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s'agit de sauver l'humanité. (EM MG 2013, p. 327)

Alerte donc! Il est temps de sortir du somnambulisme. La situation exige une résistance qui préparerait une renaissance. Une régénération de la pensée, et singulièrement de la pensée politique, pourrait préparer un futur (EM MG 2013, p. 23)

Les refondations nécessaires

Cf. EM PCM 2010 Les refondations 94-105 (La réforme de pensée 95,  la refondation anthropologico-politique 96, la refondation anthropo-planétaire 100, l'anthropolitique 104)

Les finalités

Voici donc les finalités :
       • sauver la planète menacée par notre développement technique/économique et notre sous-développement moral et mental ;
       • réguler et contrôler les processus déchaînés ;
       • repenser, reformuler en termes adéquats le développement humain — et ici en respectant et en intégrant l'apport des cultures autres que la culture occidentale. Le développement qui ne s'inscrit pas dans la sauvegarde de la planète et dans la poursuite consciente de l'hominisation est insoutenable ;
       • repenser, instaurer, restaurer, régénérer la démocratie. (EM PCM 2010, p. 107-108, cf. 105-109)

Les moyens et les incertitudes

Les moyens existants. Fausse route ?

...la planète possède l'infrastructure nécessaire à la création d'une société planétaire grâce au vertigineux développement des technologies de communication.  (EM et al. EEP 2003, ch. III p. 123)

...nous sommes confrontés au paradoxe du possible-impossible : il est possible techniquement, aujourd'hui, de nourrir chacun, d'assurer une vie décente à tous, de réguler l'économie, de trouver des solutions à tous les problèmes matériels, de confédérer pacifiquement toutes les nations de la terre. Et pourtant ce réalisme est utopique. Et l'on trouve normal que l'on détruise les excédents agricoles européens alors que la famine frappe un quart de l'humanité. (EM PCM 2010, p. 86)

Il ne s'agit nullement de fournir un programme-catalogue, d'essayer de concevoir un « modèle de société » (qui ne pourrait qu'être statique dans un monde dynamique), voire de chercher quelque oxygène dans l'idée d'utopie. (EM MG 2013, p. 23)
[Exact, si on propose un programme, un modèle, une utopie statiques. En revanche, si le programme, le modèle de société, l'utopie — qui désignent, somme toute, des aspects de la même chose — sont des éléments d'une stratégie dynamique, c'est-à-dire modifiables au fur et à mesure de la progression, et ce collectivement et démocratiquement, si l'utopie n'est qu'un horizon indiquant la bonne direction, si le modèle est susceptible de s'adapter aux circonstances, à une conjoncture imprévisible changeante, alors c'est la seule façon possible d'avancer. EM oppose à cette fausse route la Voie vers une Métamorphose (infra) et ne remarque pas que cette Voie va dans le même sens et a elle-même besoin d'une direction. Mieux, elle forme avec la « fausse route » une boucle récursive parfaite.]

Les grandes difficultés : écologie de l'action, incertitude éthique

Ici il faut être conscient de ce que j'appelle « l'écologie de l'action » : une action échappe de plus en plus à la volonté et aux intentions de son initiateur, parce qu'elle entre dans les jeux d'inter-rétroactions qui sont ceux du milieu social ou politique. Les conséquences à long terme d'une action politique sont totalement imprévisibles.
         À cela il faut associer l'incertitude éthique. Si les moyens vils corrompent les finalités nobles, il peut arriver que des finalités viles se retournent contre leurs auteurs en vertu de l'écologie de l'action, comme il peut arriver que de nobles finalités soient captées comme moyens pour des finalités viles. (EM PCM 2010, p. 98-99)

Les voies multiples
         [EM distingue d'une part : la Voie globale de la mondialisation/démondialisation (voie d'une politique de l'humanité), la Voie européenne, la Voie nationale (MG 2013, p. 16) D'autre part : des voies réformatrices corrélatives, interactives, interdépendantes en matière de pensée politique, de pensée tout court, d'éducation, de politique tout court, d'économie, d'organisation sociale, de vie, d'éthique...(La voie 2011, p. 61). Et en outre : une multiplicité d'initiatives dispersées, à la base, dans toutes les sociétés civiles (= démocratie participative), qui convergeraient pour former la Voie et qu'il faut connaître, recenser, rassembler : réveil citoyen, universités populaires, recrutement des fonctionnaires compte tenu des valeurs morales du candidat etc. (La voie. p. 62, + MG 2013, p. 17-18). Pour les détails cf. les deux ouvrages cités, ainsi que Hessel-EM, ChÉ 2011, p. 17-61).]

La bonne Voie

Il nous faut élaborer une Voie, à la confluence de multiples voies réformatrices, et qui amènera progressivement la décomposition de la course folle et suicidaire à la croissance que nos politiques estiment réaliste. Pour cela il faut réapprendre à apprendre, il faut se rééduquer pour pouvoir éduquer. Ce sont des sine qua non. [Il s'agit, dans La Voie, le livre préfacé,] de fournir des éléments pour repenser ainsi que pour montrer la nécessité et la possibilité de changer de voie. (EM MG 2013, p. 23)
[Ce qui suppose qu'on sait où doit conduire cette Voie et qu'on a prévu des alternatives pour le cas où des circonstances imprévues nous feraient dévier de la bonne direction ou exigeraient au contraire qu'on en change. Bref, pour emprunter la bonne voie il faut disposer d'une feuille de route à voies multiples, « antagonistes » mais complémentaires, indiquant une direction générale sine qua non, mais proposant des itinéraires de toute sorte (notamment la « décomposition de la course à la croissance »).]

[...] La Voie ainsi formée conduirait à une nouvelle métamorphose de l'humanité : l'accession à une société monde d'un type absolument nouveau. (EM MG 2013 p. 23,)
[Cette société-monde est justement l'utopie dont il convient d'esquisser les contours dynamiques, en les corrigeant et précisant au fur et à mesure de la marche. La métamorphose ne se fera pas spontanément...]

Le grand moyen : instaurer une conscience planétaire

Cf. EM LaM II 2008 p. 1411 La préhistoire de l'esprit humain (« La conscience, l'intelligence, la pensée de ce qui se passe dans notre vie, dans la société, dans l'histoire, dans le monde arrivent toujours très tard » p. 1412.)

Ici: EM-Kern TP (1993) 68 ss.

La conscience planétaire serait « une réforme de pensée qui nous permett<rait> de concevoir toutes choses dans leur contexte et dans le tout planétaire, une définition de nos finalités terrestres. Il n’y a plus de salut garanti mais on peut énoncer un évangile de la perdition... » (EM-Kern TP 1993, p. 4 de la couverture)

La conscience planétaire  doit lier de façon inséparable l'unité et la diversité humaines. L'unité est le trésor de la diversité humaine, la diversité est le trésor de l'unité humaine. Elle doit reconnaître le droit des peuples et le droit des minorités. (EM MG 2013, p. 17)

[EM reconnaît l'existence d'un certain nombre d'ébauches de conscience planétaire, ayant un rapport avec : 1. la persistance d'une menace nucléaire globale, 2. la formation d'une conscience écologique planétaire, 3. l'entrée au monde du tiers monde, 4. le développement de la mondialisation civilisationnelle, 5. le développement de la mondialisation culturelle, 6. la formation d'un folklore planétaire, 7. la télé-participation planétaire, 8. la Terre vue de la Terre. Mais ne peut finalement pas retenir des remarques désabusées à leur sujet. (EM-Kern TP 1993, p. 34-43)]

Le pari, la stratégie et la reliance contre l'écologie de l'action

L'anthropolitique doit donc s'édifier sur la refondation anthropologique et sur une pensée planétaire laquelle doit partir d'un diagnotic tetralogique. Nous sommes à la fois
         • dans l'aventure inconnue,
         • dans la préhistoire de l'esprit humain,
         • dans l'âge de fer planétaire
         • dans l'agonie planétaire.
En situation d'incertitude et de complexité, le pari doit se substituer à l'évidence, et la stratégie — détermination en vue de la finalité d'une conduite qui peut se modifier selon les aléas rencontrés et les informations acquises — doit se substituer au programme — séquences d'actes fixé a priori et non modifiables.
Le pari et la stratégie ont vitalement besoin d'un plein exercice de la pensée rationnelle et, en même temps, d'un élan passionné pour les grandes finalités [...], d'une religion de la reliance. Seule une foi renouvelée — foi qui comporte le doute quant à ses possibilités de réaliser ses fins —, elle-même se nourrissant d'une grande espérance, peut donner de l'âme et de la volonté au grand pari fraternitaire dans et pour l'aventure inconnue. (EM PCM 2010, p. 104)

Les principes d'espérance ou raisons d'espérer

Six « principes d'espérance dans la désespérance » : 1. Le principe vital (« le vivre fait l'espérance qui fait vivre ») ; 2. Le principe de l'inconcevable (les grandes transformations sont impensables, imprévisibles) ; 3. Le principe de l'improbable (les revirements heureux sont improbables a priori) ; 4. Le principe de la taupe (les galeries souterraines du salut sont invisibles) ; 5. Le principe du sauvetage (« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve » Hölderlin[1] ; 6. un principe anthropologique découlant du sous-emploi des potentialités du cerveau humain. (EM-Kern TP 1993, p. 216-217)

Cinq principes d'espérance. 1. Le surgissement de l'improbable... [exemples: Athènes tenant tête aux Perses ; congélation de l'armée allemande devant Moscou en 1941, contre-offensive de Joukov, Pearl-Harbor]  2. Les vertus génératrices/créatrices inhérentes à l'humanité... [aptitudes totipotentes des cellules souches à l'état dormant ou inhibé]  3. Les vertus de la crise...  4. ...les vertus du péril... [Hölderlin] 5.  L'aspiration (multi)millénaire de l'humanité à l'harmonie (EM MG 2013, p. 325-327, cf. La Voie 499-501)

La métamorphose [cf. supra La bonne Voie]

Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre, ou bien se révèle capable de susciter un méta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. [...] Le probable est la désintégration. —  L'improbable mais possible est la métamorphose. Exemples : chenille-chrysalide-papillon ; apparition des villes, États, classes, arts, empires etc., initiatives/innovations qui ont révolutionné le monde (Sakyamuni le Bouddha, Jésus, Paul de Tarse, Mahomet ; Christophe Colomb, Galilée, Bacon, Descartes)... (EM MG 2013, p. 321-322, cf. 322-325 ≈ La Voie 2011, p. 47, cf. 48-57)

Notre système planétaire est condamné à la mort ou à la métamorphose. Cette métamorphose ne peut advenir qu'au terme de multiples processus réformateurs-transformateurs qui se conjoindraient comme les rivières confluent pour former un fleuve puissant. Alors notre époque de changements serait le prélude d'un vrai changement d'époque. (Hessel-EM ChÉ, 2011, p. 11)

Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut désormais énoncer. — Il ne suffit pas de rappeler l'urgence. Il faut aussi savoir commencer par définir les voies susceptibles de conduire à la Voie. Le message qui indique la Voie est en cours d'élaboration [...]. — L'origine est devant nous, disait Heidegger. La Metamorphose serait bel et bien une nouvelle origine. (EM MG 2013, p. 325 ≈ La Voie 2011, p. 57)
[Il est certes utile, mais insuffisant d'énoncer, répertorier et encourager les multiples voies, initiatives et processus spontanés susceptibles de se conjoindre et de frayer la Voie vers la Métamorphose. Il faut encore agir. Et avant tout, déterminer les azimuts, objectifs, finalités de cette Voie, identifier les obstacles et les adversaires auxquels, immancablement, elle se heurtera, élaborer une stratégie contre les embûches de l'écologie de l'action et tenir le pari d'une action en connaissance de cause maximale. Aucune de ces voies, initiatives et activités ne saurait faire, dès aujourd'hui, l'économie d'une campagne résolue de planétarisation de la conscience de l'humanité —campagne lancée dès 1948 par le premier citoyen du monde Garry Davis (1921-2013) [de 19 jours le cadet d'E. M. !] mais qui, hélas ! n'a pas encore abouti.]

(à compléter)



[1] »Wo aber Gefähr ist, wächst / Das Rettende auch.«  (Hölderlin, Patmos, 1803-1806)

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